C’est ma fête mais pas que

Cet article matinal inaugure une journée pas comme les autres.

Aparté égocentrique : c’est ma fête aujourd’hui.

Aparté altruiste : je souhaite aussi la fête à mon pendant féminin, Romane.

Mais ce 28 février je le dédie à ce cher Gaston Lagaffe.

Il y a 60 ans paraissait dans le numéro 985 du Petit Spirou un grand gaillard longiligne et nonchalant dont le trait de génie, autant que celui de son auteur, Franquin, est inoubliable.

gaston-copier

Je ne parle pas souvent de l’actualité, car on a vite fait d’oublier ce qu’on a entendu.

Mais j’ai appris ce matin que c’était la journée sans le réseau social inutile à l’Humanité.

Le comble de l’ironie, c’est le petit malin qui en a crée une page dédiée sur le site même.

Si vous avez envie d’atteindre le Nirvana de la bêtise numérique, vous tomberez sur des articles et interviews du type :

Comment j’ai (sur)vécu deux jours sans Facebouc

Pourquoi je ne décroche pas et n’arrive pas à m’en passer

Des comme ça, vous tomberez forcément dessus aujourd’hui.

Chacun ses défauts (moi c’est la clope), mais je me délecte quand même de celles et ceux qui ont ce réflexe automatique au réveil.

A peine les yeux et le cerveau disponibles pour se connecter physiquement au Monde, vous voilà téléporté dans cet univers virtuel d’apparence sociale.

Étrange réalité.

Je terminerais ce matin par une actualité techno (et rétro) qui m’avait chatouillé les oreilles y a quelques semaines : Nokia ressort le 3310 dans une version moderne.

Sortons de l’effet buzz et putaclick médiatique rituel.

Ce dumbphone (parce qu’il fait ce que devrait à peu près faire un téléphone, je rappelle), ne signifie pas le retour d’un monument de la téléphonie mobile.

Déjà parce que Nokia est loin d’être derrière tout ça. C’est un conglomérat entre HTC/Microsoft/Nokia/Foxconn qui s’appelle HMB qui va vous le vendre à 49 euros prochainement.

C’est que mon avis, je le trouve très laid pour un téléphone mythique que l’on a déterré du cimetière technologique. Au moins le jeu Snake y est toujours, quoique rajeuni aussi.

Les petites mains chinoises auront peut être fort à faire (encore) pour satisfaire un petit marché (encore) réfractaire au téléphone dit intelligent mais qui pensera renouer avec un passé révolu (ça me fait penser un peu à la NES que Nintendo a ressorti l’année dernière, tout le monde la voulait juste parce que ça a marqué une enfance passée).

Je fais partie des cibles de ce marché d’ailleurs, avec mon Nokia 108 qui date d’il y a deux ans je crois, et qui fonctionne bien. Il me sert à téléphoner principalement quoi. Logique.

Voilà pour ce matin, je m’en vais bientôt à l’auto école, parce que j’ai encore du pain sur la planche pour passer mon examen du Code de la Route en toute sérénité.

C’est l’histoire d’un étudiant

Je vais vous raconter une histoire.

Imaginez que vous êtes dans la peau d’un jeune diplômé universitaire tout frais moulu.

Vous avez travaillé dur, sacrifié des heures de votre temps à apprendre, écrire, réviser, faire des fiches, stabiloter.

Vous avez mis votre vie sociale de côté parce que vous aviez décidé de mettre toutes les chances de votre côté pour obtenir le fameux sésame : votre diplôme.

Ce diplôme, vous vous en faisiez votre Saint-Graal, votre passeport vers l’autonomie et l’emploi, certifiant que vous pouviez prouver que vous aviez les épaules suffisamment solides pour faire face au marché du travail.

Vous avez tenu, avez persévéré malgré quelques échecs et périodes de doute.

Et finalement, une fois les examens écrits et oraux passés dans un état de stress ultime, vous attendez encore les résultats.

Les jours, mois et semaines passent.

Une tension interne va crescendo.

Vous tenez difficilement en place et n’hésitez pas à consulter dix fois par jour le site internet de votre université pour savoir si les résultats ont été publiés.

Et un jour, généralement le vendredi après-midi, vous en prenez connaissance.

Un bonheur immense vous traverse, comme la fois où vous avez eu votre baccalauréat.

Ça y est, vous avez obtenu ce que vous vouliez.

Et maintenant ?

Les problèmes sérieux arrivent au moment où l’on se pose cette inévitable question.

Faire des études est une chose.

Savoir pourquoi on les fait en est une autre.

Beaucoup se cassent les dents une fois leur bac+5 en Archéologie, Langues et autres.

Car, il faut le reconnaître, bien sûr, l monde a besoin d’archéologues ultra motivés, mais pas autant qu’on en forme chaque année.

Certains restent alors sur le carreau.

On se pose alors beaucoup de questions.

Cette situation est en fait la mienne, ainsi que celle de beaucoup d’autres aujourd’hui.

J’ai 24 ans, une Licence générale de Géographie et une Licence Professionnelle en Aménagement des Territoires Urbains.

Et je suis à peu près dans cette situation, bien que j’ai terminé mes études en septembre 2016.

Il est peut-être un peu tôt pour juger du fait que mon secteur n’embauche pas.

N’empêche que cela fait un bon moment que je parcoure les sites d’emploi en lien avec mon parcours.

Pour faire court, ma Licence de Géo, niveau employabilité c’est nada, nicht, zéro.

Pas d’expérience professionnelle liée, des compétences que tout universitaire est censé avoir au final (écrire et s’exprimer correctement, dans un bon français si possible)

Au mieux, et c’est déjà bien, une Licence générale vous autorise à poursuivre vos études générales, si vous savez vers quoi vous voulez aller. On peut aller très loin comme ça, jusqu’au Doctorat !

Conscient de cette situation et ne souhaitant pas faire un Master, j’ai choisi de faire une Licence Professionnelle qui a un lien certain avec la Géographie.

J’ai donc suivi une formation courte d’un an en Urbanisme, avec un stage de 4 mois pour avoir un peu d’expérience à valoriser par la suite.

Et aujourd’hui, je me rends compte que c’était pas suffisant.

Ça n’est jamais suffisant.

Les entreprises demandent encore et toujours plus de la part des candidats potentiels : avoir un bac + 10 multi-compétences, avoir de vraies expériences significatives (je rappelle que vous sortez de l fac), savoir parler anglais comme si c’était votre langue maternelle(alors que vous détestiez l’anglais), maîtriser toutes les technologies informatiques (alors que vous souhaitez préserver au maximum une qualité de vie saine), avoir un permis de conduire (parce que vous avez 1500 € à sortir), accepter des horaires décalés et un lieu de travail à deux heures de chez vous (parce que vous devez vous dévouer à votre travail, le reste importe peu et vous aimez les bouchons et incidents sur le RER).

Et tout cela, payé au SMIC, enfin… Au début, qu’on vous dira pour vous rassurer, parce qu’il faut bien commencer petit comme on vous a toujours dit.

Les moutons à cinq pattes polyglottes sont devenus une espèce recherchée on dirait.

On peut accepter certaines conditions difficiles, oui.

C’est le cumul qui devient pénible.

Tout ça pour dire que l’on vous dit depuis tout jeune :

« Fais de bonnes études pour avoir un bon métier ».

Je ne pense pas qu’il y ait de mauvaises études à (pour)suivre, du moment que l’on souhaite les faire.

C’est la suite du processus qui pose problème, sur lequel l’individu n’a pas de levier d’action.

A moins d’avoir les moyens, les compétences et le réseau pour monter son entreprise, l’étudiant fraîchement moulu lambda qui veut travailler doit se dire qu’il va en chier pour un emploi stable et en accord avec ses valeurs.

Je me sens souvent désabusé, comme si tous ces efforts consentis n’avaient servis à pas grand-chose.

Peut-être que je cherche mal.

Peut-être n’ai-je pas les compétences recherchées.

Mais je ne me laisse pas abattre.

Je travaille de mon côté pour que mes efforts paient.

Et ils paieront, à un moment ou un autre.

Entrée en matière

Le chaos invisible, émanation numérique matérialisée sur ce blog.

C’est aussi l’expression du jeune adulte que je suis qui souhaitait depuis un moment exhorter ses pensées, enfouies quelque part dans sa tête.

Il me fallait un moment ou un autre les mettre par écrit.

Sur papier ou sur Internet peu m’importe, seules quelques pairs d’yeux supplémentaires en prendront peut-être connaissance à un moment donné.

Internet est formidable.

C’est un lieu où les possibilités sont quasi infinies.

On peut y écrire toutes les plus grosses conneries du monde sans que rien ni personne ou presque ne puisse vous en empêcher, à priori.

On le voit bien aujourd’hui avec toutes les banalités rocambolesques que les médias adorent faire exploser à la face de tous les mordus d’actualités, buzz et stupidités qui sont desservies chaque jour à travers tous nos écrans.

Et le meilleur dans tout ça, c’est que beaucoup de mes semblables ont l’air d’aimer ça : like, tweet, snap en tous genres qui entretiennent perpétuellement cette déferlante de bêtise, miroir d’une société qui estime important de partager automatiquement ce que les autres pensent qu’il faut partager.

Je ne fais pas partie de ce monde.

Vous non plus peut-être ?

Ce choix, je l’assume sans le gueuler ni l’exposer sur tous les toits comme le feraient les aficionados de l’iPhone ou du dernier gadget technologique en manque de reconnaissance sociale.

Pour autant je ne pense pas le vivre mal.

Je ne suis pas emmerdé à chaque instant par un message intempestif qui vient m’annoncer que l’argent public de mon pays est subtilisé par des individus peu soucieux du bon fonctionnement de la collectivité.

Et c’est mieux comme cela, car de toute façon, quand quelque chose doit se savoir, cela se sait à un moment ou un autre., d’une façon ou d’autre Autrement, c’est qu’il n’était pas nécessaire que ça se sache.

Ce monde, d’ailleurs, je le côtoie depuis plus de 24 ans maintenant.

Du haut de mon mètre quatre-vingt et de mes 65 kg tout mouillé, voire peut-être moins, je sais pas j’ai pas vérifié depuis un moment.

Six jours sur sept, je me rends en salle de musculation avec un objectif bien précis vous l’aurez deviné. Tout est question de persévérance, de motivation, de régularité.

Il s’agit d’être méthodique, organisé et minutieux, à la salle et en dehors.

C’est drôle quand j’y pense : au moins quelque chose où le chaos ne règne pas en moi.

Cela fait plusieurs années que je pratique, bien qu’au début c’était en freestyle.

Maintenant, c’est presque chirurgical : je ne charge plus les barres comme un débile pour amuser la galerie, je fais attention à mon alimentation, à mon sommeil etc.

Le chaos invisible est situé entre mes deux oreilles.

Il rumine, il pensouille comme le dit le docteur québecois Serge Marquis.

Je vous conseille d’ailleurs une conférence très intéressante à ce sujet qu’il avait donné à l’Université de Nantes et disponible sur Youtube.

Ce chaos est forcément toujours là, va-et-vient perpétuellement.

Une seconde d’inattention, il s’en va et revient à la charge.

Impossible à définir, impossible à saisir.

Il est en vous mais vous échappe chaque fois que vous tentez de le saisir pour lui marave sa race.

Parfois, vous prenez le dessus sur lui, vous vous sentez bien, de bonheur, prêt à surmonter tous les obstacles qui se dresseraient sur votre route.

Parfois, c’est lui qui a raison de vous et vous met minable en un quart de seconde, vous pensez que le monde vous en veux et que le bonheur vous est inaccessible.

Le plus souvent, c’est qu’une question de regard, de perception.

Regarder le monde avec un filtre négatif rend manichéen : on voit tout en noir et blanc.

Le monde sous vos yeux devient incolore, terne et sans relief.

Regarder le monde différemment diversifie un peu la palette des couleurs.

Paradoxalement, les médias contribuent à vous en faire voir de toutes les couleurs, mais rarement dans le bon sens du terme.

Pour déprimer durablement, consommer passivement de la télé, de la radio et des journaux grand public à outrance semble un bon remède sans ordonnance.

A l’inverse, je peux affirmer que choisir l’information, le support et le moment de sa réception est bien moins nocif pour le ciboulot.

On peut aussi faire de mauvais choix, mais libre à chacun d’y trouver son compte.