Les brocantes fantômes

Alors que l’on constate depuis plusieurs années déjà que le rythme des saisons ne signifie plus grand chose, vous l’aurez constaté par vous-même lorsque vous vous affichiez fièrement en public avec un simple t-shirt d’été à la mi-décembre, le printemps inaugure pour tout chineur invétéré le début de la saison des brocantes.

Cette saison là elle reste à peu près fixe d’une année sur l’autre, de mars à septembre/octobre avec un pic de brocantes de quartier (qui sont les meilleures à mon sens) peu avant les grandes vacances, comme si avant d’aller vider leurs poches pour aller se bronzer les miches sur la Côte d’Azur, les gens semblent vouloir partir l’esprit tranquille avec un maigre pécule en vidant au maximum leur maison d’objets souvent inutiles… au cas où des visiteurs qu’on a pas invité chez soi viennent se servir en leur absence et sans leur consentement.

Trêve de pessimisme, c’est le printemps et les zoizillons vont pouvoir chantonner allègrement à l’orée du jour pour raviver mon enthousiasme de francilien enjoué.

Mon père et moi sommes donc des chineurs, au sens positif du terme bien entendu.

Le dimanche matin est comme la plupart des gens le moment de prédilection pour notre escapade brocantesque, où l’on sait déjà que l’on va pas y trouver tout ce qu’on veut, d’une, parce que y en a qui jouent pas le jeu et viennent acheter pendant que les exposants sont en pleine mise en place et de deux parce qu’à force de faire les mêmes brocantes d’une année sur l’autre, on a déjà une petite idée de sa qualité.

En outre, on pourrait classer les brocantes/vide-greniers en deux catégories :

  • Les « grandes » brocantes : souvent sponsorisées par un particulier qui organise son affaire généralement sur des parkings de grandes surfaces.

Mon avis : avec le temps on a plutôt tendance à les éviter, elles attirent beaucoup de monde ce qui est logique car les exposants sont nombreux, voire très nombreux, au point qu’il est parfois impossible d’en faire le tour complet. Aussi, la qualité est souvent aux abonnés absent, les exposants pour beaucoup n’inspirent visuellement pas confiance et ne se gênent pas de vous vendre des merdes à prix d’or. La négociation est presque exclue, ce qui casse l’intérêt même d’une brocante.

Paradoxalement, je me suis rendu compte que plus une brocante est grande, moins je vais y repartir avec quelque chose.

  • Les brocantes de quartier : moins mises en avant dans les annuaires faisant le recensement régulier des vide-greniers, elles sont pourtant bien plus souvent de bonne facture, on y dépense en général bien plus qu’ailleurs, car la négoce est possible avec les particuliers qui pour beaucoup font l’effort de baisser un peu leur tarif histoire de se débarrasser de leurs bricoles. Comme ce qui est rare est cher, on va pas refaire le monde, les vide-greniers de quartier se comptent sur les doigts palmés d’un manchot.

Mon avis : prévoir toujours un peu plus de monnaie que prévu dans cette situation, car les exposants vident « vraiment » leurs greniers et armoires. Dans ces brocantes de proximité, les produits neufs et l’alimentaire sont souvent proscrits, ce qui laisse une bonne place aux bricoles susceptibles d’intéresser le chineur.

Mais parlons aussi d’une troisième catégorie et celle là elle est imprévisible en plus d’être pénible :

  • Les brocantes fantômes : cette catégorie de brocante est nouvelle dans mon répertoire. Le degré d’agacement une fois arrivé sur les lieux est proportionnel au temps passé en voiture pour s’y rendre. Pour faire simple, une brocante dite « fantôme » c’est l’oasis en plein désert, le mirage complet, car l’organisateur vous annonce une « belle brocante que vous connaissez tous, très fréquentée à chaque fois » mais qui en fait ressemble plus à la tribune des supporters du club de foot de Monaco.

    entree
    Une tribune de supporters monégasque au taquet cerise.

Mon avis : certes la météo a un impact réel sur le nombre de brocantes qui sont organisées, l’organisateur n’en est aucunement responsable, il peut pas faire la pluie et le beau temps. Il n’empêche qu’il devrait être mis en place sur les annuaires dédiés un moyen de savoir si le nombre d’exposants annoncé est plus ou moins identique au nombre d’exposants réel, histoire d’éviter à bon nombre de gens de se déplacer pour rien. C’est frustrant pour le chineur, d’autant plus que cela l’amène inéluctablement à ne plus s’y rendre la prochaine fois, par crainte d’être de nouveau déçu d’avoir perdu du temps à parcourir 50 km, les mains dans les poches.

 

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2 commentaires sur « Les brocantes fantômes »

  1. Tout dépend aussi de ce que tu cherches dans une brocante ou un vide-grenier.
    Nous cherchons, en ce moment, des habits pour bébé 🙂 mais ça peut être aussi des vieux livres ou des cartes Pokémon.
    Personnellement, je n’aime pas les « professionnels » dans ces endroits (vendeurs de meubles, de verres, de pin’s à 100 € car de collection, vendeurs de produits chinois de mauvaise qualité en jouet ou autre, etc.).

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  2. Mes recherches ont évolué dans le temps.

    Ado je recherchais surtout des jeux de SEGA Megadrive, mais c’est devenu rare maintenant voire introuvable, exception faite des exposants qui se ramènent avec leur cargaison de consoles et jeux rétro et qui vont en profiter pour te faire lâcher le billet de 20 euros.

    Aujourd’hui je recherche avant tout des K7 audio pour mon Walkman, BD et livres à dimension académique (géographie, histoire, sociologie). J’ai un critère de prix pour chaque chose, allant de 20 centimes la K7 à 2-3 euros maximum pour une BD (si elle est en bon état).

    Les pin’s c’est pour mon père qui les collectionne depuis plus de 20 ans. Les prix sont très variables, certains sont déconnectés effectivement, je ne suis pas encore tombé sur des pin’s à 100 euros, mais de nombreuses personnes cherchent à en profiter sans être en mesure de justifier véritablement ce tarif.

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