Philosopher avec Kamini

Je ne sais pas d’où me vient en ce moment cette envie de revenir au bon vieux temps.

Ce temps de l’insouciance, de la jeunesse, de la légèreté, de la simplicité.

Putain, y a 10 ans je me prenais moins la tête qu’aujourd’hui.

J’étais encore un gamin au collège, c’est vrai, j’avais pas de responsabilités particulières (enfin, j’en ai pas des masses en ce moment non plus), je n’avais rien à prouver, à montrer, à faire valoir.

Je vivais ma vie d’enfant, simplement.

Bon, maintenant que j’ai posé le décor nostalgique teinté d’un « c’était mieux avant », j’aimerais parler d’un chanteur dont la musique phare en 2006 était intitulée « Marly-Gomont ».

Kamini, oui, souvenez-vous, un clip tout droit sorti de la campagne profonde qui a gagné une popularité phénoménale en peu de temps, sans tous les canaux sociaux actuels en plus.

La recette était toute simple à l’époque : une caméra, une bande de potes, une personnalité atypique, des paroles vraies, un environnement déserté par les médias (sauf par Jean-Pierre Pernaut évidemment).

Je parle de lui aujourd’hui alors que moi aussi comme beaucoup, je l’avais complètement squeezé de ma playlist musicale alors que je me souviens très bien de la première fois où j’ai découvert son clip sur Internet. C’est dingue quand j’y repense.

Et je remercie le hasard qui a fait que ma salle de sport diffusait ce fameux titre la semaine dernière.

Aujourd’hui je redécouvre l’artiste, son album Psychostar World dans un premier temps, je prête attentivement l’oreille à ce qu’il dit tellement les paroles collent bien à la situation actuelle

Y’a ceux qui ont tout
Ceux qui n’ont rien
Ceux qui font tout mais bon parfois n’arrivent à rien
Ceux qui n’ont rien arrivent parfois à tout avoir
Mais tout avoir c’est le pouvoir

Kamini – Frustation

L’humour décalé est présent dans presque chacune de ses chansons, mais ses ingrédients sont avant tout la politique, l’emploi (ou plutôt le chômage), l’abandon des territoires ruraux, les clichés raciaux.

Son album est dans l’ensemble une critique sociale des aberrations vécues, subies et observées dans le monde rural, mais pas que.

J’apprends aujourd’hui que Kamini a diversifié ses activités, en parallèle de son statut d’infirmier. Je ne suis même pas surpris qu’il fasse du One-Man Show sur scène en public.

Je comprends mal cependant comment on a pu rapidement l’oublier alors (qu’objectivement) il a tout pour être mis en avant.

C’est peut-être une histoire de communication (en dépit de sa présence sur toutes les plateformes).

Ses fans de la première heure lui ont toutefois bien rendu, notamment en finançant son dernier album en fin d’année dernière.

Bon, j’ai du retard à rattraper moi.

On peut s’rejeter la faute
Faire semblant s’cacher dans le déni
Je crois qu il n’y a aucune cause
Pouvant justifier notre folie.

Kamini – Le Déni

 

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