Mon non-pote le smartphone

Le smartphone et moi, c’est un peu comme mauvais feuilleton TV.

Au choix, et pour bien montrer qu’au moins trois pays différents savent faire de la merde pour capter l’attention : les Feux de l’Amour, Plus Belle la Vie ou Derrick. J’allais presque oublier les télénovelas espagnoles dis donc. Des séries à succès, bien sûr, et reconnues pour la qualité des acteurs, du scénario et du montage. Des séries qui méritent la palme de l’instruction populaire, faisant de la ménagère de moins de 50 ans, notre bonne vieille Mme Michu, une érudite catapultée dans les plus hautes sphères philosophiques.

Bien entendu, je dérape mais ça me chatouillait le clavier.

Je disais donc que le smartphone c’est un « je t’aime moi non plus« , à mi chemin entre le Rubik’s Cube et le Tangram mais au final ça finit toujours mal avec lui.

Il m’arrive de temps à autres de le ressortir, de le paramétrer, mettre les applications Android « utiles » (navigateur, agenda, gestionnaire de tâches, Wikipédia).

Et d’un coup, badaboum, la coupe est pleine, sans trop savoir pourquoi d’ailleurs, et je range tout au placard, je reprends mon bon vieux téléphone basique.

Si j’en fais un article, c’est simplement pour m’interroger sur ces raisons d’agir.

Je vais pas vous mentir, je suis comme (à mon avis), 80% des utilisateurs de smartphone :

  1. Je le sors à la moindre occasion pour chercher une information le plus souvent factuelle (sinon inutile) qui aurait très bien pu attendre d’être lue chez moi quelques heures après. Comme le plus souvent je ne note pas ce que je viens de lire, il y a fort à parier que le lendemain (voire même avant) j’aurais oublié ce que ladite recherche m’a apporté. Il faudra y revenir un jour ou l’autre peut-être donc.
  2. Il me reste 60% de charge. 60% ?! Vite, mon chargeur, on ne sait jamais.
  3. J’y note absolument tout ce que je pourrais noter ailleurs. On m’a souvent dit « diviser pour mieux régner ». Le pire c’est que j’opine la tête de haut en bas. Pourtant je me plais à centraliser tout ça dans un smartphone. Et Google se fait une joie de mes données aussi. Tout le monde est content alors ? Pas vraiment.
  4. Cette fausse impression permanente qui vous fait croire que vous avez reçu quelque chose de la part de quelqu’un, justifiant le fait que vous ne pouvez vous empêcher ne serait-ce que de regarder si la diode verte au dessus de l’écran est allumée.
  5. Vous avez des sueurs froides quand votre réseau est en Edge. Cela signifie qu’Internet vous allez devoir vous en passer pendant un moment. Pourtant ça n’empêche pas de… téléphoner.

Bon et des comme ça on pourrait en faire une liste de courses mensuelle.

Il n’empêche qu’en repassant au téléphone de base, je me rends compte que le smartphone ne me manque pas, les applis non plus. Mieux encore, je n’ai plus 45 publicités qui m’explosent à la gueule toutes les 10 secondes.

Soulagement.

Y a pas de mauvais outil

Il n’y a que des mauvais ouvriers.

Cette maxime résonne fort juste dans ma tête tellement j’aurais pu me l’appliquer ces derniers jours.

Pourquoi dis-je cela ?

Parce que bon, la bonne nouvelle déjà pour commencer c’est que j’ai réussi à finir mon 4×4 Meccano. Et c’était pas de la tarte, vraiment.

Posons le décor tout de suite : j’ai deux mains gauche, ou du moins pour euphémiser un peu à la Romain, je ne me suis jamais donné beaucoup d’occasions d’être davantage plus habile.

Bricoler aurait pu être mon truc, j’aurais pu en profiter dans mon enfance lorsque j’allais passer mes vacances à la maison de campagne de mes grands-parents, y avait de quoi faire, mes souvenirs pas si lointain me rappelant la quantité astronomique d’outils dont mon grand-père dispose encore.

Mais non, « petit » Romain préférait jouer. Jouer à la GameCube, à la GameBoy, faire du vélo, jouer au foot. Bref, mes priorités étaient ailleurs, pas au bon endroit je pense, maintenant que je suis un grand dadet de  24 ans je regarde tout cela d’un œil critique.

Il m’est impossible de refaire le passé cependant, dixit Doc et Marty.

cfb8e2f174862891816ad6d11c2af83168318545b0afd31f5c72553b65c9d220
Le passé est révolu, le futur n’existe pas encore. Reste le présent !

N’empêche que le Meccano, c’est un jeu, oui, mais un jeu ludique, et c’est pour ça que j’avais envie d’y passer du temps. Je suis loin d’être le seul adulte dans ce petit monde à m’y adonner. Certains le font même par passion, en plus d’être des collectionneurs.

Quand je disais en début d’article qu’il n’y avait pas de mauvais outils mais des mauvais ouvriers, cela sous-entendait que j’ai fais des retours en arrière en cours de construction en raison de mon défaut d’analyse. Les schémas sont clairs, je reviens pas là dessus, mais parfois trop petits bien qu’ayant de bons yeux.

Le gros défaut est  présentement en train de vous écrire, c’est le bonhomme qui s’entête à en vouloir n’en faire qu’à sa tête : c’est moi.

Je ne compte plus les fois où je me suis pris le chou « parce que ça rentre pas » ou « ça force c’est pas normal » (disons aussi que c’est déjà bien de le reconnaître).

Je suis pas de nature patient, pour le coup le Meccano c’est d’abord un défi personnel avant d’être un plaisir ludique.

Et puis bon, il faut parfois aussi demander de l’aide pour avoir un autre point de vue, et là, pour le coup, ça aide beaucoup.

Exemple :

« la pièce là, regarde fiston, elle est à l’envers »

Bien vu, merci P’pa.

Impatient je suis, entêté je me dois de moins être.

C’est ce que j’en retire d’un simple Meccano.

J’avais déjà eu une première expérience Meccano, avec une moto, je me souviens aussi que les pièces étaient plus solides.

Ah, le bon vieux temps de la pâte à modeler Play-Doh et son odeur de l’espace.

Ah, le bon vieux temps du Kapla que tout gamin va démolir avec plaisir.

Ah, ces bons vieux Lego de toutes les couleurs (et les éditions spéciales Star Wars qui se retrouveront mélangées à des pièces classiques)

Sans oublier les mini dominos en plastique colorés.

Bref.

C’était ça mon enfance.

Je regrette pas ces moments.

Le passé appartient au passé, mais il n’est pas dit qu’il est impossible de le vivre encore dans le présent, la preuve, même si c’est différent.

IMG_20170404_155434
Voilà le bestiau (qui ne roule pas je rappelle)

Où est … ?

Et vous remplacerez les points de suspension par ce qui vous chante.

Pour aujourd’hui j’aurais mis à la place « la pièce manquante », celle qui m’aurait permis hier de continuer le montage de mon 4×4.

Un 4×4 de bonhomme, un vrai, motorisé en plus, grâce à 4 piles et sans télécommande parce que chez Meccano c’est la crise, on coupe dans ce qui ne semble pas nécessaire vous pensez bien, le gamin pour qui normalement c’est destiné à l’origine n’aura pas le plaisir de télécommander sa voiture pour laquelle il aura passé des heures à monter.

Il semblerait donc que chez Meccano on ait prit de l’avance sur la technologie parce que dans un futur proche vous le savez on nous en parle de plus en plus que les voitures se conduiront toutes seules. Je serais pas étonné que les voitures sans volant deviendront la norme. C’est pas demain, mais après-demain.

Enfin c’est pas grave, parce que le gosse lui s’en fiche de tout ça, ce qu’il veut et s’il a la patience nécessaire, c’est monter son gros 4×4 comme celui du packaging, même si après il verra la bagnole filer toute seule en ligne droite parce qu’il aura pas la télécommande je le répète. De toute façon ce n’était même pas écrit qu’une télécommande soit prévue, c’est juste marqué « motorisé ».

Par contre, et pour le coup c’est rigolo et ça peut même se retourner contre eux, c’est qu’il est écrit nul part qu’une pièce peut être manquante. Là Meccano vous me servez sur un plateau doré le droit d’exiger de vous que vous m’échangiez vite fait bien fait mon pack contre un autre alors. Enfin ça c’était envisageable si j’avais encore la preuve d’achat sous le coude.

Une pièce qui manque ça arrive, si c’est une vis, un boulon, une rondelle… on peut toujours se débrouiller. Mais quand c’est un engrenage, et à plus forte raison l’engrenage qui permet au 4×4 de rouler, on va le dire franchement : ça fait chier.

20170401_080703
Une récompense est prévue si vous me le retrouvez

La conséquence directe étant qu’il faut juste se dire que la fameux 4×4 il fera du sur-place en haut de l’étagère, un point c’est tout. Et ça c’est le scénario optimiste, si j’en arrive au bout (63 étapes) et qu’en chemin je me rende pas compte qu’il manque encore une pièce.

20170331_105354
C’était pourtant bien parti. Je ne dirais rien sur l’outillage fourni, c’est promis

On est le 1er avril, si ça m’était arrivé aujourd’hui j’aurais pu faire un article du style que Meccano a voulu me faire un gros poisson. Pas de chance, je l’ai commencé hier, je suis pas synchro.

Je ne connais qu’un vrai gaillard capable de faire téléguider un Meccano incomplet par la pensée, vous le connaissez sûrement, même si lui je pense vous connais encore mieux que vous même. Réponse en image

Chuck-prend-la-mer
On savait tous que c’est Renaud qui lui a piqué les paroles

J’aurais pu bifurquer sur l’article de Cyrille qui nous dit que sa fille croyait que c’était M. Pokora qui a fait la chanson « Belinda » de notre feu Cloclo, car c’était l’occasion de faire un rappel évident que l’eau et l’électricité ça fait pas bon ménage, et que Renaud en fait il avait un peu raison.

J’ai testé le voyage en autocar…

Et détrompez-vous si vous vous attendiez à une critique franchouillarde en bonne et dû forme, car c’est tout le contraire.

Une remise en contexte préalable s’impose : il m’arrive plusieurs fois par an d’aller rendre visite à la petite famille qui habite à 200 km de chez moi, dans la Marne.

N’ayant pas encore le fameux permis de conduire, je dépendais principalement d’un mode de transport que vous connaissez tous : le train. Plus précisément, le TER, dans sa version 2nd classe. J’ai toujours payé mon billet 21,40 € (42,80 € donc avec le retour) pour être précis. La durée d’un trajet était d’environ 1h30.

Voilà le topo en temps normal et que j’ai fais pendant 3 ou 4 ans, à raison d’environ 3 voyages annuels.

Cependant, le dernier voyage effectué il y a tout juste un mois m’a fait réfléchir sur ma façon de voyager, car mon trajet retour qui était jusqu’alors un Chalons-en-Champagne -> Paris-Est direct est devenu à ma grande surprise un Chalons-en-Champagne -> Reims (en TER) puis Reims-Paris-Est (en TGV).

Je n’ai rien contre les correspondances, parce que bouger c’est la vie, encore moins quand j’appris un peu plus tard que celle-ci en particulier se justifiait par des travaux sur les voies ferrées à ce moment là et que pour le coup la SNCF a modifié le parcours (sans modifier le temps de parcours mais en faisant passer les 2 billets de retour à 28 € au passage).

Ça a fait tilt dans ma tête de djeunz sans peur et sans vergogne : c’est peut-être justifié mais pas normal pour moi, j’ai donc cherché un autre moyen d’aller profiter de l’air de la campagne à coût moindre.

La page publicitaire ne durera que quelques lignes, c’est promis, mais je suis tombé sur reims-paris.com qui propose de faire le trajet aller et/ou retour le jour même ou plus tard en autocar pour… accrochez vos ceintures : 5  € (12,50 € si vous prenez à d’autres heures).

5 € pour un Paris-Reims par la A4 en 1h30.

Je vous met au défi de me trouver moins cher et plus rapide.

Le spot de pub étant terminé, ou presque, parce qu’à la différence de certains TER parfois, l’autocar est propre et part à l’heure.

Bienvenue dans le service rendu au public où le coût est inversement proportionnel à la qualité. Ça fait même bizarre à lire dis donc.

Je vais même pas trop aborder les stéréotypes « socio-écolo » progressistes que les médias aiment bien mettre en avant comme à l’accoutumée pour délier les langues bien pendues des concitoyens qui paradoxalement, disons-le (oui j’ai craqué), sont touchés par le fait que la planète en fait elle a un peu chaud au cul depuis quelques temps mais que vous comprenez bien qu’il faut bien aller bosser tous les jours. Donc on veut bien du changement, mais tant que ça nous concerne pas… Donc si des centaines et des centaines de millions de personnes pensent comme cela au quotidien, je vous laisse deviner la suite.

Not In My Backyard powa.

Bon, bien que ce mode de transport soit moins polluant que la bagnole de Mme Michu, c’est un plus non négligeable certes, mais il pollue quand même.

L’important étant que chacun y trouve son compte après tout.

Pour ma part, le calcul est vite fait, avec 10 € je me fais un Paris-Reims.

Je suis prêt à parier qu’une fois que l’autocar deviendra l’alternative incontournable des gens modestes, parce que vous l’aurez deviné je n’ai pas de planche à billets, les tarifs partiront à la hausse.

En attendant, et pour me la jouer stoïcien un instant, je profite du moment présent.

En bonne voie pour le permis

Voilà une bonne chose de faite : hier, j’ai réussi l’examen du code de la route.

Après deux mois d’apprentissage, à domicile (avec mon livret de code et le Pack Web qui permet de s’entraîner chez soi) et à l’auto-école (j’ai dû faire une dizaine de séries là-bas je crois) je n’ai fait que deux fautes au final.

Et pourtant, si je me fie à mes statistiques d’entraînement, vous constaterez que c’était pas gagné d’avance.

Sans titre
21 janvier : 22 fautes / 21 mars : 4 fautes

Mais si je pouvais en tirer quelques leçons qui seront utiles je pense pour tous les candidats qui se retrouveront peut-être dans la situation que j’ai rencontré, je dirais que :

  • Pour apprendre seul, l’auto-discipline et la régularité sont des bases fondamentales. Il ne s’agit pas de se dire que vous devez foutre votre journée en l’air pour réviser le code pendant 12 heures d’affilée au point de s’en dégoûter. C’est contre-productif, c’est une pratique courante mais qui ne fonctionne pas.

Conseil : apprenez petit-à-petit, y a pas le feu, et revoyez régulièrement ce que vous avez vu.

  • Se focaliser sur ses erreurs est le meilleur moyen de se démotiver à court-terme. Vous faites 15 fautes au bout de 30 séries ? Vous ferez 14 fautes, puis 13, puis 12 parce que vous allez persévérer et que vous voulez en faire moins. Et au fur et à mesure, vous vous rendez compte que vous avez progressé même si vous faites encore plein de fautes.

Conseil : regardez vos progrès au fil des séries, des jours et des semaines puis regardez d’où vous êtes parti. Vous voyez, vous avez progressé même si vous pensez que non.

  • Les séries que vous ferez à l’auto-école seront bien plus difficiles que les séries que vous ferez chez vous. J’ai constaté ça très rapidement, alors que je faisais 3 fautes chez moi, j’en faisais 11 à l’auto-école. C’est frustrant, on a l’impression qu’on est pas au point… Mais c’est bien plus positif que l’on peut le croire, car c’est face à des difficultés inédites que vous allez faire rentrer dans votre crâne des choses qui vous semblent à priori complètement farfelues (oui, une roue de secours c’est facultatif ET recommandé !)

Conseil : prenez conscience que les séries que vous faites sur votre ordinateur et à l’auto-école n’ont pas le même niveau de difficulté, c’est pour cela qu’il faut mixer les deux au maximum pour avoir une autre approche et ainsi apprendre plus rapidement.

  • Posez des questions à votre entourage, aux moniteurs d’auto-école… à ceux qui savent quoi, vous progresserez beaucoup plus rapidement que de rester le nez scotché à votre livre de code.
  • Oubliez les applications gratuites et autres tests en ligne qui vous promettent monts et merveilles dès lors que vous serez passé une fois encore à la caisse. Chercher la facilité aura un coût non négligeable et pas forcément indispensable. Prenez confiance en vous, bien qu’il soit humain de douter, mais ne lâchez rien.
    Persévérez je répète.
  • Lorsque vous vous inscrirez pour l’examen du code, moyennant 30 euros, vous partez du principe que vous allez le réussir et que vous ne remettrez jamais les pieds dans une salle pour le passer.

Je terminerais par une liste de choses et d’autres qui me viennent en tête :

  1. Les questions vous semblent pas logiques, stupides, irrationnelles… C’est normal, cela s’appelle la subjectivité. Elle se trouve confrontée à la subjectivité des personnes qui ont crée les questions. C’est pénible, c’est chiant, mais c’est ainsi. Avec le temps, vous verrez, vous allez vous imprégner de cette logique sans poser de question.
  2. Faire 0 faute à chaque série est un mauvais objectif. En plus d’être frustrant, chronophage et inutile (5 fautes sont possibles n’oublions pas) c’est mission presque impossible et ça vous fera pas forcément avancer plus vite. Pourquoi ne pas viser l’entre deux ? Lorsque que vous ferez entre 3 et 6 fautes chez vous, régulièrement, vous n’aurez plus trop de soucis à vous faire. Vous serez prêt.
  3. A l’auto-école, il m’est arrivé qu’une fois de faire 5 fautes. Sinon c’était plutôt entre 7 et 12. Et pourtant. Donc une fois encore, vos tests en auto-école ne reflètent pas systématiquement ce que vous savez, mais plutôt ce que vous ne savez pas encore et que vous saurez par la suite ! Soyez patients, simplement.
  4. Ne pas se reposer sur ses acquis (rien n’est définitif)
  5. Forcer davantage sur vos points faibles (les règles de priorité et ces satanés feux de position pour ma part)

Les brocantes fantômes

Alors que l’on constate depuis plusieurs années déjà que le rythme des saisons ne signifie plus grand chose, vous l’aurez constaté par vous-même lorsque vous vous affichiez fièrement en public avec un simple t-shirt d’été à la mi-décembre, le printemps inaugure pour tout chineur invétéré le début de la saison des brocantes.

Cette saison là elle reste à peu près fixe d’une année sur l’autre, de mars à septembre/octobre avec un pic de brocantes de quartier (qui sont les meilleures à mon sens) peu avant les grandes vacances, comme si avant d’aller vider leurs poches pour aller se bronzer les miches sur la Côte d’Azur, les gens semblent vouloir partir l’esprit tranquille avec un maigre pécule en vidant au maximum leur maison d’objets souvent inutiles… au cas où des visiteurs qu’on a pas invité chez soi viennent se servir en leur absence et sans leur consentement.

Trêve de pessimisme, c’est le printemps et les zoizillons vont pouvoir chantonner allègrement à l’orée du jour pour raviver mon enthousiasme de francilien enjoué.

Mon père et moi sommes donc des chineurs, au sens positif du terme bien entendu.

Le dimanche matin est comme la plupart des gens le moment de prédilection pour notre escapade brocantesque, où l’on sait déjà que l’on va pas y trouver tout ce qu’on veut, d’une, parce que y en a qui jouent pas le jeu et viennent acheter pendant que les exposants sont en pleine mise en place et de deux parce qu’à force de faire les mêmes brocantes d’une année sur l’autre, on a déjà une petite idée de sa qualité.

En outre, on pourrait classer les brocantes/vide-greniers en deux catégories :

  • Les « grandes » brocantes : souvent sponsorisées par un particulier qui organise son affaire généralement sur des parkings de grandes surfaces.

Mon avis : avec le temps on a plutôt tendance à les éviter, elles attirent beaucoup de monde ce qui est logique car les exposants sont nombreux, voire très nombreux, au point qu’il est parfois impossible d’en faire le tour complet. Aussi, la qualité est souvent aux abonnés absent, les exposants pour beaucoup n’inspirent visuellement pas confiance et ne se gênent pas de vous vendre des merdes à prix d’or. La négociation est presque exclue, ce qui casse l’intérêt même d’une brocante.

Paradoxalement, je me suis rendu compte que plus une brocante est grande, moins je vais y repartir avec quelque chose.

  • Les brocantes de quartier : moins mises en avant dans les annuaires faisant le recensement régulier des vide-greniers, elles sont pourtant bien plus souvent de bonne facture, on y dépense en général bien plus qu’ailleurs, car la négoce est possible avec les particuliers qui pour beaucoup font l’effort de baisser un peu leur tarif histoire de se débarrasser de leurs bricoles. Comme ce qui est rare est cher, on va pas refaire le monde, les vide-greniers de quartier se comptent sur les doigts palmés d’un manchot.

Mon avis : prévoir toujours un peu plus de monnaie que prévu dans cette situation, car les exposants vident « vraiment » leurs greniers et armoires. Dans ces brocantes de proximité, les produits neufs et l’alimentaire sont souvent proscrits, ce qui laisse une bonne place aux bricoles susceptibles d’intéresser le chineur.

Mais parlons aussi d’une troisième catégorie et celle là elle est imprévisible en plus d’être pénible :

  • Les brocantes fantômes : cette catégorie de brocante est nouvelle dans mon répertoire. Le degré d’agacement une fois arrivé sur les lieux est proportionnel au temps passé en voiture pour s’y rendre. Pour faire simple, une brocante dite « fantôme » c’est l’oasis en plein désert, le mirage complet, car l’organisateur vous annonce une « belle brocante que vous connaissez tous, très fréquentée à chaque fois » mais qui en fait ressemble plus à la tribune des supporters du club de foot de Monaco.

    entree
    Une tribune de supporters monégasque au taquet cerise.

Mon avis : certes la météo a un impact réel sur le nombre de brocantes qui sont organisées, l’organisateur n’en est aucunement responsable, il peut pas faire la pluie et le beau temps. Il n’empêche qu’il devrait être mis en place sur les annuaires dédiés un moyen de savoir si le nombre d’exposants annoncé est plus ou moins identique au nombre d’exposants réel, histoire d’éviter à bon nombre de gens de se déplacer pour rien. C’est frustrant pour le chineur, d’autant plus que cela l’amène inéluctablement à ne plus s’y rendre la prochaine fois, par crainte d’être de nouveau déçu d’avoir perdu du temps à parcourir 50 km, les mains dans les poches.

 

Détricotage sociologique

J’ai déjà dit qu’Internet était formidable, on y trouve de tout et de rien, le meilleur comme le pire.

Vous et moi avons je suis sûr une checklist de nos sites/blogs préférés où l’on se rend religieusement presque chaque jour, sinon plusieurs fois.

Pourtant, des sites qu’il vous arrivait de fréquenter ne le sont plus, et pourtant leur professionnalisme n’est plus à démontrer.

C’est le cas pour ma part avec Reflets.info

Un article à mi-chemin entre critique politique et constat sociologique a suscité en moi en regain d’intérêt pour celui-ci.

Intitulé La France des téléviseurs sur le buffet, son auteur s’attaque de front aux acteurs des médias et aux politiques, plus particulièrement à ce cher petit écran et à ce fameux parti xénophobe bien connu de tous désormais et bien trop présent dans la vie publique.

L’auteur est clairvoyant et limpide dans ses propos. Il parvient à condenser l’essentiel des problèmes (économiques, sociaux, professionnels…) qui touchent un espace géographique en marge (le monde rural) et une population sur laquelle les médias font mine d’en savoir des tonnes (les ruraux en difficulté), ce qui n’est pas (et ne peut être) le cas.

Des géographes-journalistes ou inversement c’est selon… et pas que des bons au passage comme les très médiatisés Jacques Lévy et Christophe Guillluy, qui, de mémoire de mes années fac (y a donc quelques mois), se permettent encore aujourd’hui de nous étaler leur pseudo-méthode scientifico-électorale arbitraire du gradient d’urbanité sur des portions d’espaces géographiques limités et bien choisis, faisant de cas particuliers des généralités à l’échelle du pays. Fallait oser, mais ils l’ont fait et le font encore.

Faudrait peut-être rappeler à ces gens là que la géographie prend en compte à la fois l’espace et les sociétés dans leur ensemble, qu’on ne dissocie pas un territoire de sa population et donc d’un ensemble de variables sur lesquelles on ne peut influer.

Mais bon, c’est pas un petit jeunot comme moi qui vais leur faire la morale hein.

C’est ainsi que dans vos grands quotidiens nationaux, et plus encore en période électorale comme en ce moment, vous pouvez y trouver de jolies cartes de France avec pleins de bons gros cercles colorés, si gros qu’ils en deviendraient méchants que tous ceux qui les verront sont tout de suite censés comprendre le message (simpliste, réducteur sinon discriminant) qu’on veut leur faire passer, du style, allez soyons fou c’est lundi :

Dans le Nord vous voyez là y a beaucoup de chômeurs donc beaucoup de pauvres, et ces pauvres là bah vous voyez qu’en fait ils votent surtout en faveur d’un parti d’extrême droite, et c’est terrible pour la démocratie, vous voyez ? C’est pas moi qui le dit, ce sont les chiffres.

Non.

La dimension spatiale des réalités électorales est beaucoup plus complexe.

Bref, revenons à notre article de Reflets.info parce que sinon vous aurez quitté cette page avant d’avoir lu ce que j’avais à dire.

Certes l’article a un léger relent contestataire à s’en demander si l’auteur lui-même n’est pas victime du processus qu’il décrit. Mais qu’importe, il expose en quelques phrases le lent et silencieux délitement socio-économique qui touche le monde rural vidé lui aussi, petit à petit de ses lieux de sociabilité.

Juste un petit détour et promis je ne le fais plus, j’avais lu y a un an ou deux un article sociologique révélateur de cette situation, écrit par Patrick Champagne où il expliquait pour résumer que c’était la disparition des emplois industriels et des lieux de convivialité comme le bistrot du coin qui ont provoqué la montée du vote vers les extrêmes.

Fin de mon énième parenthèse.

Dans cette situation, où le vide s’impose car il finit par être subi plutôt que choisi, il nous reste notre fameux téléviseur et ses programmes de qualité de merde qui nous déballe bruyamment et perpétuellement un discours lénifiant et négatif sur l’état de notre beau pays. Bien sûr on fera en sorte de proposer au téléspectateur ce qu’il veut entendre pour le conforter sur ses positions. Hors de question de lui montrer des alternatives, du moins positives, histoire qu’ils se mettent pas à réfléchir.

Et pourtant, la remise en question serait la bienvenue et pourrait apporter une ou des solution(s).

Car c’est pas en restant accroché au petit écran que ces gens là vont s’en sortir.

Prendre son destin en main c’est passer à l’action, même si c’est difficile au début.

Rester passif c’est laisser les autres décider pour soi.

Je vous invite à lire l’article dans son intégralité, car il y aborde bien d’autres aspects qui ont une pertinence sans égal.