Musculation : Pedro les bonnes excuses


Avertissement : cet article relate un cliché classique en musculation.
Mais raconté à ma sauce, le ton, le point de vue et les arguments ne seront pas ceux que vous retrouverez d’ordinaire sur les sites de musculation.


Pedro* est un pratiquant que je vois presque tous les jours à ma salle.

Il pratique depuis environ 4 ans.

Il est inscrit dans la même salle depuis environ 2 ans.

Il a quitté son ancienne salle pour un motif commun à bon nombre de salles low-cost qu’est le manque d’entretien global et/ou de renouvellement du matériel.

Lundi 19 juin 2017, il est 12h15. Jour des pecs. J’ai même le T-shirt dédié.

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On m’a dit que Batman benche lourd pour mettre des fessées à Robin.

J’avais vu Pedro à mon arrivée à la salle, 30 minutes auparavant mais il était à l’autre bout de la salle. Comme souvent, je le vois taper la discute avec d’autres gars que je connais aussi, mais qui travaillent avec un peu plus de sérieux.

Pour Pedro comme pour beaucoup, et j’en ai vu passer des wagons entiers, la salle est devenu le nouveau café du coin, où on se pose d’abord pour bavasser pendant environ 2 heures. Alors bon, on va pas faire son chiant, une fois ça passe, on casse son entraînement pour faire plaisir à Pedro et lui accorder l’attention qu’il recherche et qu’il ne retrouvera pas entre ses 4 murs. A la deuxième fois, on remet ses écouteurs et on respecte son temps de repos pour pas foutre en l’air sa séance.

Parce que Pedro, on sait qu’il aime la tchatche.

Son physique le trahit peut-être.

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L’effet plateau : ce grand ennemi des pratiquants.

Il est pas très grand, pas très musclé. Il me disait hier qu’il faisait environ 15 tractions.

Au bout de 4 ans, c’est le meilleur que je lui aurait souhaité le premier jour.

Je ne l’ai pourtant jamais vu effectuer le moindre Développé couché, Soulevé de terre, Squat et Développé militaire (la base de la base quoi).

Son secret de winner, qu’il peut doit bien garder pour lui, faut juste être un observateur averti, c’est qu’il brouille les pistes en faisant quelques exercices mono-articulaires du type curl à la barre EZ en se balançant d’avant en arrière parce qu’il met trop lourd, comme d’habitude. Et la nuit il fait comme Batman, il envoie du pâté comme jamais.

Bref, Pedro est un pratiquant bien identifié. Il applique parfois les mauvais conseils de débutant, du style manger une orange à midi entre deux discussions de comptoir.

On retrouve ce type de pratiquant année après année, quand le climat estival arrive.

Dès que le froid s’annonce… Brrrrr… Pedro reste bien au chaud chez lui, car on ne le voit plus. A moins qu’il vienne plus tard dans la journée, quand la salle est blindée, ce qui m’étonnerait franchement, car Pedro le dit lui-même, (il) préfère venir quand y a pas trop de monde.

Alors… qui est Pedro ?

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Indice : Pedro n’est pas un ours polaire.

Oui vous avez trouvé ! 

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       Pedro est un touriste ! Mais il est pas asiatique…             En même temps, Pedro… hein.

Bon, maintenant le tableau est posé.

Il est pas le premier et loin d’être le dernier.

Heureusement, ce profil de pratiquant n’est qu’une minorité à l’échelle d’une salle.

On en identifie 3 ou 4 à l’heure, pas plus je dirais.

La plupart viennent pour faire quelques exercices en criant comme si on leur enlevait un bras. Autant dire que pour eux, la salle de musculation n’est qu’un environnement leur permettant d’exprimer leur animalité, espérant attirer le regard et l’attention qui leur font cruellement défaut au travail et/ou chez eux.

Quand y a de la petite (aka la gente féminine), ce n’est plus une séance muscu lourde mais une séance ciné-drague, lourde aussi, mais pas pour la même personne.

Maintenant que j’ai fini avec ma digression habituelle et que je ne sais plus comment amener le sujet principal de mon article, c’est sans transition que je vais vous relater une petite phrase choc par notre ami Pedro hier matin :

Je suis pas motivé en ce moment, je vais changer de salle.

Une phrase d’une banalité affligeante diras-t-on, à placer quand même dans le contexte actuel qui est qu’une salle flambant neuve a ouvert ses portes avec 6 mois de retard, tout près de notre salle actuelle.

Ses propos ne m’auraient pas irrité la veine du biceps s’il n’avait pas insisté dans sa bêtise,  en me sortant un truc du genre

Au début j’étais motivé… mais la salle est trop petite… et y a personne (à draguer ?)

Pedro est d’une crédibilité sans faille parce que Pedro pense que si lui n’a pas envie de se bouger les arpions sous les barres, c’est pas de sa faute, comprenez que c’est la salle qui lui fait pas envie.

J’ai pas le souvenir que les plus grands athlètes (non dopés bien sûr) aient eu besoin d’avoir des machines guidées avec écran de TV pour réussir dans le parcours ?

Limite il faudrait que quelqu’un pousse la fonte à sa place pour qu’il puisse avoir plus de temps devant lui pour taper une discute.

Du coup Pedro veut aller voir ailleurs.

Là où c’est tout beau, tout neuf. Jusqu’à ce que la nature peu précautionneuse de l’Homme moderne et civilisé se charge du reste.

Je lui ait fendu d’un simple :

On en reparle dans 6 mois, dans 1 an.

Dans 6 mois, dans 1 an qu’importe, il sera comme il est aujourd’hui, parce qu’il aura tout le matos à sa disposition mais se contentera de les regarder ou de mal exécuter l’exercice, quitte à mettre trop lourd.

Parce que oui, et ce sera le mot de la fin, un vrai bonhomme expérimenté sait que plus on met lourd, plus on prend du muscle, c’est bien connu la preuve, on en a du Dwayne Johnson (**) et du Terry Crews (**) à chaque coin de rue.


(*) Le prénom a été changé, bien entendu.
Un (gros) indice quand même : il a le même prénom que notre professeur de mathématique/informatique d’un lycée agricole du sud de la France.

(**) Ces acteurs sont aussi naturels

Projet

A moins que vous ne soyez pas en France en ce moment (vous avez pas tord au fond), l’été s’installe, on le ressent très bien. Tellement bien que dans les heures et jours à venir, je parie que nous aurons droit aux éternels râleurs du « il fait trop chaud« .

Les mêmes qui, sois dit en passant, y a 2 mois, disaient « il fait trop froid« .

La météo est le sujet de prédilection par excellence quand on a rien à se mettre sous la langue durant une conversation. Un matin, comme tous les matins (sauf le mercredi, jour des gosses, c’est son RTT hebdomadaire) vous croisez l’un de vos voisins à qui vous n’avez que pour habitude et par politesse de dire bonjour. Vous y placez un morceau de météo tel un Louis Bodin pour lancer un semblant de conversation.

Bientôt vous pourrez parler Roland Garros, Tour de France et vacances.

Avec un peu de chance, votre voisin s’il est bien luné mais à qui vous avez fait la tronche tout l’hiver chaque matin à l’arrêt de bus habituel tellement il faisait moche et que c’était déprimant pourra devenir une connaissance amicale … avant que vous ne lui refassiez une tronche de troll à l’automne. Ah ah ah.

Okay, je fais un peu dans le sadique l’idyllique, mais c’est aussi ma conception du réseau social en dur.

Voilà pour l’aparté rituel qui me colle à la peau sur ce blog.

On arrive donc à la moitié de l’année 2017.

Tandis que certains lycéens potassent (ou non) pour leur bac à sable, d’autres peaufinent les préparatifs de leur prochaine destination sous les cocotiers.

N’étant plus concerné par le premier que j’ai eu laborieusement en 2010, je ne suis pas non plus concerné par le second, la douce saveur des impôts vous rappelant qu’entre manger des pâtes et des patates 10 mois sur 12 ou avoir un mode de vie sain et varié, il faut choisir avant de partir.

Dans tous les cas, impôts ou non, mon choix était établi depuis plusieurs mois pour les 6 prochains qui vont s’écouler.

Petit rappel, l’auteur de ce blog dispose de deux licences universitaires mais n’a pas d’emploi actuellement car les débouchés qu’on peut lui offrir lui font pas kiffer les 40 prochaines années (au moins). En revanche, un truc qui le passionne chaque jour et qu’il pratique avec une conviction limite fanatique c’est la musculation. Et comme il voudrait partager cette passion avec d’autres mais qu’il faut un diplôme (le BPJEPS AF), il a fait le choix de se lancer à fond les ballons.

Ceci est mon projet : obtenir le BPJEPS Activités de la Forme (AF) mention C (cours collectifs) et D (musculation).

Par excès de prudence, je préfère faire une préformation de 4 mois avant de me lancer, histoire d’être prêt aux différences tests de sélection physiques, écrits et oraux qui sont exigés pour pouvoir faire le BPJEPS. Ma préformation aura lieue au CFPMS de septembre à décembre prochain.

Hormis le coût, les efforts à fournir seront importants, je le sais.

J’en fais d’ores et déjà l’expérience en faisant les cours collectifs proposés par ma salle de sport.

A raison de 2 cours par jour en plus d’une séance de musculation effectuée plus tôt dans la journée, j’aligne plus de 2h30 de sport chaque jour. C’est un rythme auquel je commence à m’habituer, et il le faut, je souhaite être au top avant septembre.

En gros, je me prépare avant la préparation. Au moins, j’aurais moins de surprises, et je crois que je saurais tenir le rythme immédiatement.

Et pour ceux qui ne jurent que par la fonte pure et dure, je les invite à faire comme moi, soit à reconsidérer le challenge que représente 45 minutes de renforcement musculaire des cuisses et fessiers.

Je me disais, comme beaucoup d’accrocs à la fonte :

Oui mais moi tu sais, je fais des squats, de la presse à cuisse, des leg extension et je bosse aussi les mollets, donc les cours co’ ça va être une formalité !

Non, mon bonhomme. Tout faux.

T’as beau faire du squat à 150 kg à la barre, si tu fais que ça chaque semaine (si tu bosses tes jambes, comme tout bon pratiquant) sans travailler ta résistance à l’effort, tu vas sentir que que ça brûler, ça va piquer et tu auras du mal à tenir un cours sans prendre des pauses et transpirer comme un marathonien.

Véridique. J’en ai fait l’expérience ces dernières semaines, et cela m’encourage à poursuivre mes efforts tant sur la partie musculation que sur la partie fitness.

J’évoquerais la prochaine fois l’intérêt de passer ce diplôme et les raisons pour lesquelles j’y accorde toute mon attention.

En attendant, prévoyez la crème solaire et le parasol !